mercredi 24 juin 2009

Mais n'te promène donc pas toute nue !

Avec son « dans le futur : tout le monde aura son quart d'heure de célébrité" Andy Warhol peut aller se rhabiller !

Entre les blogs autobio-très-graphiques racontant jour après jour des ébats sexuels d’une impressionnante virtuosité, et les stars se dévoilant sans mystère, Andy Warhol n’avait aucune chance, pauvre naif, d’annoncer que tout le monde aurait surtout son quart d’heure de nudité.

Choisissez bien vos partenaires, parce qu’en ces temps de crise ma bonne dame, si monsieur garde secrets vos ébats sur vidéo, c’est que vous avez décroché le gros lot. Ou que vous en êtes un, de gros lot.

Si l’animal avec qui vous avez partagé sueur et goût pour la réalisation n’a pas fait fortune, il aura certainement l’idée d’entreprendre un nouveau commerce qui ne saurait vous plaire.

Après l’auto promotion à la Paris Hilton, la trahison médiatique sur thème de revanche sans tambours mais avec trompette, subie en brasse coulée par Laure Manaudou, désormais voici le chantage. Non un vulgaire chantage aux maris-femmes trompés, mais un chantage à la diffusion d’images on ne peut plus privées destinées monde entier.

« Leighton Meester, ou Blair Waldorf dans la série "Gossip Girl", serait victime d'un chantage pécuniaire. », c’est Libé qui le dit. La bourse ou la diffusion de sa vidéo sexy sur le site de vidéos pornos de stars www.celeb-hotline.com., telle est la question.

Définitivement, avec le marché du sexe on peut se faire un max d’argent, mais on peut en perdre aussi. Et se ruiner pour racheter sa propre vidéo, ça c’est carrément pervers.

vendredi 19 juin 2009

Non, vraiment là, je n'ai pas trouvé de titre

Je l’ai fait ! Je l’ai fait. Ouai, je l’ai fait. C’est vrai, alors autant le dire. Autant assumer.

Je l’ai fait.

J’ai pris mon Libé du jour. Celui du vendredi 19 juin. (Jour d’anniversaire de Guillaume, celui que vous commencez à connaître. Celui qui veut que je parle de lui dans tous mes textes. Là, il s’est bien débrouillé puisqu’il a 30 ans aujourd’hui et que je parle du Libé de ce jour. Le Libé du jour de ses 30 ans. Là je crois que je peux m’arrêter, non ?).

Bon, ben je l’ai fait. Voilà, j’ai honte, mais j’ai adoré le faire. C’est nul, morbide, pervers, voyeur, avilissant, lamentable, mais pourtant je l’ai fait.

J’ai lu les titres en une. J’ai vu la magnifique photo des manifestants qui ne manifestent même plus en Iran, celle de Dany l’Européen, celle d’une femme enfuie sous une burga bleue Klein (le fameux bleu Klein remis à la mode par ceux qui remettent les vestes en jean, les slim et autres laideurs à la mode), -la burga étant la version pudique de la burka, dans laquelle les yeux sont caché aussi -. Je me suis posé la question qu’on me posait : La Burga, l’interdire ou pas ? -Je me suis dit, tiens, ça rime-, j’ai lu les thèmes : Laîcité, Après les européennes, Corée du Nord, Iran, et c’est là, juste à ce moment là que tout a dérapé.

Quand mes yeux ébahis sont retombés sur le scandale scandaleux, celui qui fait hurler d’horreurs les braves gens et les pas braves gens, qui fait hurler d’horreur tout le monde d’ailleurs, et permet de se dire : en fait, je suis super normal ! Je vais super bien même ! Ouah, je suis quelqu’un de désespérément équilibré et lice ! Mes yeux se sont égarés sur ce titre insupportable : Bébés congelés, Huit ans de prison pour Véronique Courjault.

Et aussitôt, mes yeux surpris donc, ont frénétiquement cherché le numéro de la page de l’article. « Page 15 », Ah !!!! Et mes doigts fiévreux ont tourné, tourné, tourné convulsivement la montagne de pages avant la fameuse page 15.

Et me voilà dévorant de mes pupilles aiguisées les quelques paragraphes. On me raconte, Patricia Tourancheau, me raconte.

Nous voilà avec un jury « populaire plutôt masculin » (7 hommes et 2 femmes). Logique, l’avocat de la défense a jugé que les hommes seront mille fois plus cléments face à cet infanticide que leurs bonnes femmes. Mais bien sûr, comment laisser juger une telle affaire à des femelles pleines hormones, comment mettre entre les mains de vulgaires nanas cette malheureuse « aux confins de la psychose » ? Elle n’écoutent rien ces créatures, elles sont incapables de comprendre intellectuellement les arguments d’un avocat de 53 années de barreau. Ben voyons ! C’est la base !

J’apprends plus loin que l’avocat "aux cheveux blancs " s’est bien gardé « de plaider l’acquittement », parce que, je le site « Il faut la punir (Véronique Courjault ) Il ne faut pas qu’on dise en France qu’on peut tuer des bébés ». Et oui, si en plus des problèmes d’immigration, on fait de la France un pays où on va en voyage infanticide impunément. Parce que j’en connais des candidates qui ne se retiennent que pour la bonne raison qu’elles ont peur d’être condamnées. Vous vous rendez comptes, des conséquences si enfin, l’infanticide était légalisé en France ? On serait dans une de ces merdes pour nos retraites !

Et j’en passe sur la suite de cet article qui m’a laissé un goût de nausée dans la bouche, On n’y parle absolument pas des conséquences de la décision de justice de condamner Véronique Courjault à 8 ans de prison et non au suivi socio judicaire possible depuis 2004 en France dans des cas similaires de « personnalités bordeline », comme le dit la journaliste. Non, on ne parle que des larmes de l’accusée, du fils de Véronique Courjault, Nicolas qui dit « si maman a fait ça, c’est qu’elle est malade ».

Alors je me dis, avec tout ça, heureusement que ce n’était pas un jury de bonnes femmes, parce que là…

lundi 8 juin 2009

Connaissez vous Guillaume Musso ?

Guillaume Musso décore les stations de métro placardé partout format géant. Comme si le taux d’abstention aux élections européennes, la crise, la grippe porcine, la faim dans le monde, le temps pourri, la grève du RER A et le SIDA ne suffisaient pas pour nous déprimer, sa grosse figure commune et son air de jeune diplômé enrobé coincé dans sa chemise mal coupée s’affichent partout où nos yeux peuvent se poser. Pas d’échappatoire. On le saura, qu’il a pondu un nouveau bouquin !

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Musso c’est du bon sentiment jusqu’à la nausée. Histoire de faire croire à ceux qui détestent lire, et encore plus la Littérature, qu’ils aiment ça.
Sur l’affiche, après avoir savouré sa physionomie qu’il n’est pas évident de croiser sans avoir tout de suite envie de retourner se coucher sous sa couette, on découvre en énorme typo le titre intrigant et plein d’avant gardisme, « Que serais-je sans toi ? ». Et là, on y est ! On touche au grand art, à la révolution de l’écriture, que dis-je à une recherche déterminée et complexe, à un vrai regard d’artiste engagé. « Que serais-je sans toi ? », titre que malheureusement pour moi, que j’avais destiné à la nouvelle que je consacre à mon amour inconditionnel pour le MC DO les lendemains de cuite : « Que serais-je sans toi ? ».

Le pitch : « Elle a deux hommes dans sa vie. L’un est son père, l’autre son amant. Chacun des deux veut tuer l’autre et Gabrielle doit choisir. . Nous nous interrogeons alors, pleins d’angoisses nous, oh combien simples petits mortels que nous sommes, à qui il n’arrive jamais ce genre de chose : MAIS COMMENT VA S’EN SORTIR MON HOMONYME BIEN EMBETEE ? PAUVRE, GABRIELLE. Enfin, vous ce n’est pas votre homonyme, mais moi, je me dis ça, pauvre Gabrielle. Que va t-elle pouvoir faire dans cette sous tragédie grèque… Je me dis aussi qu’un nombre terrible de Gabrielle vont voir le jour lorsque toutes les ménagères de moins de 50 ans et plus et tous les hommes qui ont lu et aimé Da Vinci Code vont se reproduire. Parce que je suis prête à parier qu’on a à faire à peu près aux même lecteurs. (Attention, j’ai des amis très intelligents et raffinés qui ont lu et aimé Da Vinci code, et j’aimerais que ceux là ne me fassent pas la gueule. Je ne mets pas TOUS les lecteurs de Musso et Da Vinci Code dans le même panier. Tout le monde a ses faiblesses moi la première. Par exemple, j’ai déjà lu (et aimé) … non, j’ai pas d’exemple…

Quand Guillaume Musso écrit un livre, il cherche, se demande, s’introspectionne, se concerte avec lui-même et s’interroge :
- Qu’est-ce qui serait pire ? Une fille amoureuse de 2 frères et qui finirait sa vie avec son cousin germain ? Un homme qui tomberait amoureux de la soeur de sa femme ? Une fille qui tomberait amoureuse de la maîtresse de sa soeur ? Une femme qui tomberait amoureuse du mec de la fille de son amant… ah, déjà fait ça… Cf Justine Lévy qui d’après des rumeurs auxquelles je ne prête pas foi, parlait de ... Mais nous nous égarons.
Ma théorie, c’est que ce qui fait le succès inconditionnel de Musso, c’est qu’il commence à l’envers. Mais oui, évidemment ! Il commence d’abord par chercher un résumé. Le résumé du best seller. Et après il complète en écrivant son livre. En fait, chez Musso, tout dépend du résumé, en gros.

Alors voyons, essayons cette technique, …Bon, par exemple ça donnerait un truc qui pourrait être : Suzanne et son père sont pris en otage par un fou méchant et … fou. Le fou oblige Suzanne à choisir si elle préfère qu’il tue son père ou le petit garçon blond qui passe dans la rue…Que va faire Suzanne ?!?

Et après, reste plus qu’à trouver un titre qui pète, genre « « Le choix de Suzanne » et le tour est joué.

Justement, les titres chez Musso, c’est toute une histoire. Mais avant tout Et Après…Non, « Et après », ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui, Mussot, c’est le nom du premier de ses bouquins. « Et après »… Et c’est pas fini « Et après » a été suivi de « Sauve-moi », « Seras-tu là », « Parce que je t'aime », « Que serais-je sans toi ? », « Et si c’était vrai ? » A pardon, « Si c’était vrai », « Où es tu », « La prochaine fois » et « Vous revoir », c’est de Marc Lévy. Marc Lévy est le pseudonyme sous lequel travaillait Musso avant. Non mais c’est évident ! Ca se voit comme une photo 4 par 3 De Musso station Opéra. C’est le même mec, réveillez vous ! Preuve : la technique pour trouver les titres est identique dans les 2 cas, c’est à dire, noter toutes les questions qu’on se pose au quotidien, et en faire un titre. Ce qui permet de pondre énormément de titres par jour !

« Seras-tu là à 19 heures, pour le rôti ? », « Tu me manques sans toi », « Sauve moi, j’ai perdu mes clefs » » ; « Où es-tu ? », qui porte sur l’absurdité des conversations au portable : « Où es-tu je ne te vois pas ? Ah, ça y est je te vois... »; La prochaine fois que t’es en retard, je ne t’attends plus ( là, ça fait 2 les titres : Tome I , « La prochaine fois », et celui du TOME II : « Je ne t’attends plus ») , « Depuis mon rhume, je reste sans voix », « Depuis toi, j’ai pris le bus », « Si je t’aime moi non plus », etc, etc..

Quand on pense qu’en permanence 1200 auteurs scénaristes travaillent à écrire du Lévy et Musso, enfermés dans une cave payés au SMIC et qu’en réalité, ces 2 mecs qui n’en sont qu’un n’existent pas, je me dis « Et si c’était vrai… »

jeudi 4 juin 2009

Titre en cours de travail. Suggestion non définitive et provisoire pour le moment (en attendant) : la procrastination

La procrastination est d’abord un très beau mot. PROCRASTINATION. Qui contient le mot crasse, c’est peut-être pour ça que je l’aime bien d’ailleurs.

ProCRASSEtination ou l’art de remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui. De TOUJOURS remettre à demain ce qu’on DOIT faire aujourd’hui, plus exactement. Puis de culpabiliser, TOUJOURS.

Bon, par exemple, je ne remets jamais ma déclaration d’impôts avant la VEILLE du dernier jour. Histoire de stresser un peu. Pfffffffff, après, j’ai l’impression d’être une héroïne, je me chope une dose de bonheur extrême quand je mets ma petite enveloppe dans la boîte aux lettres jaune ! Ahhhhhhhhh ! Et je me sens fière pour toute la journée…après avoir passé deux mois de calvaire, à me répéter chaque jour que dieu, ou quelqu’un d’autre d’ailleurs, fait :

IL FAUT QUE JE M’OCCUPE DE MA DECLARATION D’IMPOTS !!!
IL FAUT QUE JE M’OCCUPE DE MA DECLARATION D’IMPOTS !!!
IL FAUT QUE JE M’OCCUPE DE MA DECLARATION D’IMPOTS !!!
Enfin bon, je m’arrête là. Je pense que vous m’avez compris.

Et en plus, c’est insupportable.

Mais c’est INSUPPORTABLE cette voix dans ma tête là, qui me lâche pas. Il faut gnagnagnagna. Alors qu’elle le sait pourtant, la voix, qu’il est hors de question que je le fasse avant que ce soit une situation de nécessité extrême. C’est fou ça !

Bon autre exemple : Je NE PAIE JAMAIS mon abonnement internet avant qu’on ne me menace par texto de couper ma ligne. Oui, 9 télécom m’écrit à moi, personnellement, et m’envoie même des textos pour être sûr que je vais bien recevoir son message. Parce qu’il ne voudrait surtout pas me perdre, ni me faire interdit bancaire pour 30€, 9 télécom ! Il est sympa 9 télécom. Brave mec. Bon, vous vous demanderez certainement pourquoi je paie encore ma facture au mois ? Et bien tout simplement parce que je me dis chaque fois, « le mois prochain, je m’occupe d’envoyer mon RIB, c’est promis »… et que je ne le fais jamais.

Mais comme je me sens bien quand j’ai payé en ligne ma facture 2 jours après le tout dernier avertissement !! Le bonheur. La sérénité chèrement gagnée. La paie en somme.

Et j'en passe pour les rendez-vous chez les médecins...conversations infinies avec mes copines.

Mes copains, eux, me disent :
- Tu postes pas assez souvent sur ton blog, tu devrais écrire plus.
- Ca peut-être court. C’est bien court. Pas la peine d’être long. Tu vois... plus comme ton dernier texte.
- Ah, il était bon ton dernier texte ! Très drôle !
- Tu vois, et moins long que d’hab.
- En gros, d’hab, c’est ...
- Bref, fais court et fais drôle surtout.
- Ah ouai, il était drôle le dernier ! Et plus court !
- Tu vois, pas la peine de faire long !

Enfin, ça quand ils ne me disent pas :
- Dis donc, tu parles pas de moi dans ton blog. Quand est-ce que tu vas parler de moi ??? Je vois jamais mon prénom dans ton blog. GUILLAUME ! C’est facile ! GUILLAUME !

Bref, ceux qui ne s’appellent pas Guillaume me disent :
- Poste plus !!
- Faut y aller là !
- T’écris pas beaucoup hein ?

Et bien, j’y pense TOUS les jours, qu’il faudrait que je poste tous les jours. Il n’y a pas un jour que dieu fait, ou quelqu’un d’autre d’ailleurs, durant lequel je ne me dis pas : il faut que j’écrive plus…Allez 3 pages de roman et un texte pour mon blog par jour…Mais j’y arrive pas…
Ben oui, il suffit que mon téléphone sonne, que je me rende compte que j’ai pas lu Libé en ligne aujourd’hui, ou pire Elle, ou que j’ai oublié d’aller sur facebook depuis 32 minutes, ou que j’ai pas lu Twitter depuis 29 minutes, ou…

Ah … téléphone …

….Je terminerai ce texte … demain ?

samedi 16 mai 2009

Si les murs avaient des oreilles, ils préfèreraient être sourds

Entendu hier :
- Moi, je suis quelqu'un de très humble.

Entendu hier :
- On a jamais couché ensemble nous ?

Entendu hier :
- Je serais bien rentré avec toi, mais j'ai pas de deuxième casque.

Entendu hier :
- C'est un homme ou une femme derrière toi ?
- Je sais pas, mais il a des seins.

Entendu hier :
- Tu préfères lécher une selle de vélib ou un pigeon ?

Entendu hier :
- Si j'avais de l'argent je paierais quelqu'un pour faire pipi à ma place !

Entendu hier :
- Putain, si on notait toutes les conneries qu'on disait !

Entendu hier:
- Salut, enchanté. Yves.
- Gabrielle. Enchantée.
- Moi suis chef op à New York et toi?
- Moi non.

Entendu hier :
- Moi, on me fait jamais de compliment. Quand on m'en fait un, on me dit "elles sont belles tes lunettes".

Entendu hier :
Homme bourré accompagné de femme vulgaire et dodue le cheveu faussement blond. Au serveur :

- Vous savez pas où on peut se garer dans le quartier ?

- Non, mais c'est pas facile de trouver dans le coin...

- Oh, la place POLICE est libre !!! Vous croyez que je peux m'y garer ?

- ...

vendredi 8 mai 2009

Parfois on ne peut pas se contenter de dire « c’est beau »

Parfois ce qu’on vit est si putain de beau, qu’on ne peut pas se contenter de dire « C’est beau ». On ne peut que dire « putain, c’est beau ! ». On ne peut qu’attraper au vol ce mot laid, vulgaire, arraché, non maîtrisé qui décrit mieux que tout les whaouh, sublimissime, magnifique, splendide, incroyable, inouï, merveilleux, abracabrantesque, ce que tu vies là, à cet instant. Un bon gros « putain ». Sobre. 5 lettres. Vrai. 5 lettres. Juste. 5 lettres. Le plus juste. Le meilleur adjectif et de loin. Celui qui dit exactement. Le seul qui dit exactement. Celui qui sort des tripes pour aller directement se poser sur ta langue sans passer par la case cerveau. Dans ces précieux moments où tu t’en tapes bien de ton cerveau. Où enfin, merveille, splendeur, fulguration, magnificence, sublimité, il se débranche, il te fout la paix, ton débile de cerveau. Il se met en mode off. Il ferme sa grande bouche. Il arrête de jouer au con. Il te lâche, te libère, te débarrasse de sa présence insupportable. Et il te laisse vivre béatement l’un de ces moments suspendus entre les nuages et le temps.

La première fois que j’ai vu la femme qui pleure de Picasso à la Tate Gallery, je me suis dit dans ma tête « Sacré nom de putain. Sacré nom de putain, que c’est beau ! » Et j’ai laissé mes larmes mouiller mes joues.

La première fois que j’ai terminé L’amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez, je me suis dit « Oh ?!? J’ai terminé ? C’est fini ? Oh putain c’que c’était beau ». Et j’ai laissé mes sanglots me secouer de bout en bout.

La première fois que je me suis vue reflétée dans un tableau de Bacon. Ca fait ça d’aller voir sur pattes les tableaux de Francis Bacon. Il fait exprès de mettre une vitre sur ses toiles, pour que tu te voies au milieu d’elles, dedans, bien dessiné. Ton reflet à toi fait partie de son œuvre. Et bien la première fois que je me suis vue dans une toile de Francis Bacon, je me suis dis « C’est fort putain ! ».

La première fois que j’ai vu l’éléphant en équilibre suspendu sur sa trompe au Palais de Tokyo, je me suis dis, dans le silence de la salle blanche, juste un murmure dans ma tête « Oh puuuuuuutain. C’est beauuuuuuuu ! ».

La première fois que j’ai vu le pianiste de Polanski, je me suis dis, si calme, si apaisée, le stade de l'admiration et du numéro 10 de l'échelle de 1 à 10 de mes émotions dépassé, « Putain. Quel chef d’œuvre. Putain. ».

La première fois que j’ai vu la Chapelle Sixteen, j’ai ouvert grand la bouche, aspiré des mouches, et je me suis dis « Putain. C’est sublime ». Puis, en tournant la tête pour tout retenir, tout regarder, pour continuer à alimenter les battements de mon cœur, je me suis dit « Putain, putain, putain, putain, putain … ».

La première fois que j’ai vu les Nymphéas de Monet, je me dis dit « Putain, pleure pas. Putain, pleures pas. Putain, pleure pas. Putain trop tard ».

La première fois que j’ai lu les Raisons de la Colère, je me suis dit « Putain, c’est terrible. Putain, c’est horrible. C’est putain de beau. ».

Ce matin, dans le métro, quand j’ai vu l’homme. L’homme vêtu d’une veste années 80 certainement récupérée dans quelque Croix rouge, de son jean taille haute au délavé passé et dépassé. L’homme qui sans introduction, sans cliché, sans excuse, sans honte, sans « désolé de vous déranger dans votre trajet messieurs dames ». L’homme qui a chanté cet air inconnu d’une voix qui ne chantait pas. D’une voix d’acteur. D’une voix de conteur. L’homme qui interprétait, regard fixé sur ses chaussures, une chanson inconnue aux airs de Renaud. L’homme qui est arrivé là, s’est planté au milieu du wagon, sans tambour ni annonce. L’homme qui s’est mis à chanter sa chanson. La chanson de l’homme qui vit dans la rue. La chanson de l’homme qui avait des amis. La chanson de l’homme qui, il fut un temps d’accalmie, écoutait cette chanson en se disant « Putain de monde !». La chanson de l’homme qui a ce courage là. Celui de venir chanter aux vrais gens que nous sommes derrières nos paupières alourdies par le manque de sommeil, notre compte en banque qui attend beaucoup de nous, nos vêtements de ville, notre maquillage, nos chaussures chères, nos montres, notre ambition, nos regrets cachés. Celui de nous chanter sa chanson. Et justement, sans chanter non. Parce que cet homme ne sait pas chanter. Juste interpréter les paroles d’une chanson qu’il aime vraiment et qui nous parle à nous les vrais gens qui restons cachés derrières les pubs alignées le long des voies, derrière nos jambes croisées, nos mains crispées sur nos sacs à main, notre journée qui est déjà si pénible à peine commencée, notre course poursuite contre le hold up du temps. De nos vrais moments. Ceux où on aime, ceux où on embrasse passionnément, ceux où on danse, ceux où on rit ensemble juste parce que c’est la futilité qui compte vraiment. Et cet homme qui nous chante là son refrain nostalgique, qui nous parle de lui en faisant trembler sa voix. Cet homme qui vient, qui ne s’annonce pas. Cet homme qui ne coupe pas sa chanson. Non, jusqu’au bout il va, sans regarder si les gens autour l’écoutent. Jusqu’au bout il va, pas question de se taire. Jusqu’au bout il nous la donnera sa chanson. Cet homme qui ne chante plus que pour lui. Cet homme est là-devant nous. Il nous donne sa voix. Puis l’air se termine, et toujours silencieux, il traverse le wagon, ramassant la monnaie. Parce que ce matin, tout le monde lui a donné de l’argent. En silence. Sans se regarder « Ah, tu donnes toi ? Alors je vais donner ». Non, dans le silence tout le monde a donné, sans se concerter. Des pièces rondes pour le remercier. Le remercier de nous redonner notre boule au ventre, de nous avoir rappelé qu’avant tout, on est des vrais gens. Et bien quand tout le monde y est allé de sa pièce, en silence. Quand tout le monde y est allé de sa pièce ce matin, je me suis dit « Putain, c’est beau ».

mercredi 8 avril 2009

Essai philosophique sur l'amour et la quiche.


Un très bon ami m'a suggéré d'introduire mes textes pour leur donner un cadre, un fond quoi. Ce qu'il fait entre deux chansons lors de ses concerts. Il m'a dit il faut qu'on comprenne d'où te viennent tes billets d'humeur à chaque fois. J'ai dit "bon, ok, pourquoi pas". D'où vient-il ce billet d'humeur ? ...

Laisser reposer.

C'est ça, le plus important.

Laisser reposer !

L'amour, finalement, c'est comme réussir une bonne quiche. Oui, une quiche. C'est peut-être la recette la plus simple du monde. La plus conne. La plus universelle. Oui, je le dis haut et fort, la quiche est universelle... Parenthèse terminée.

Donc, puisque que la quiche est la recette la plus conne du monde (puisque la quiche est universelle. La preuve : c'est devenu une insulte "quelle quiche ! ". Voilà, tout est démontré.) Puisque la quiche est la recette la plus conne du monde, si vous la ratez, c'est juste que vous avez oublié une des étapes de la recette. Et comme la quiche est la recette la plus conne du monde, l'étape que vous avez oubliée l'est aussi. Conne j'entends. Voir la plus conne. Comme allumer votre four ou contrôler les quantités de tous ces produits que vous allez mélanger.

Si vous y allez trop fort par exemple, que vous mettez trop de tout, votre quiche sera très difficile à digérer évidemment, et alors là, vous vous abstiendrez d'en déguster une durant un bon moment. Vous vous serez dégoûté vous-même, comme un grand. Mais si au contraire vous ne mettez assez de rien, que vous êtes frileux là, à mettre une pincée de ci et une pincée de ça prudemment, comme un radin, alors vous obtiendrez une quiche sèche au goût disgracieux. Qui se mange hein ! Qui nourrit son homme, mais qui ne vous laissera qu'un vague souvenir fade et sans intérêt. Et ce sera bien fait !

Et si vous oubliez d'allumer votre four, ben c'est que vous êtes vraiment trop à l'ouest et que je peux rien pour vous là.

Hou, mais attention mon petit camarade, nous allons bien trop vite. On n'y est pas au four oh que non... Avant tout cela il faut faire vos courses.

Et oui, c'est notre pauvre condition d'êtres humains. Avoir à faire toutes ces choses si fatigantes et inévitables pour mériter notre petite part de bonheur. Sauf si vous allez au restaurant. Mais pour aller au restaurant, il faut de l'argent, et avant d'avoir de l'argent il faut avoir travaillé. (ou être juste né, et ça aussi c'est déjà fatigant). Raisonnement imparable. Métaphore culinaire parfaitement maîtrisée. Merci.

Je disais ? Ah oui, il faut faire ses courses pour commencer.

J'ai d'abord pensé à cette idée stupide : l'amour est comme une quiche. Je n'ai absolument pas fait exprès d'atterrir en salto arrière sur le vieux coup de comparer la rencontre amoureuse au fait d'aller faire son marché. Je trouve ça vulgaire. Ceci précisé, il faut vous trouver les bons produits. Ceux que vous préférez. Plutôt légumes, plutôt fromage, lardons ou crème fraîche ou les deux, régime, pas régime? Quelle genre de quiche vous correspond le mieux ? Là, vous venez de comprendre la jubilation d'avoir choisir une si merveilleuse métaphore. Passons.

Une fois les produits frais, palpés, reniflés, choisis (là non plus, n'y voyez en aucun cas un second sens que j'ai pas mis moi-même. Cet humour potache, je le réserve aux dîners culturels du centre des amis de la Suède) et mis dans votre petit panier, vous rentrez chez vous et les cuisinez, amoureusement. Une fois qu'ils sont prêts à être cuits au four, et confortablement installés sur une étagère de votre frigidaire tout émoustillé, ne vous reste plus qu'à préparer la pâte. Là vous vous dîtes que vous ne suivez plus et c'est bien normal : faut être une quiche pour comparer l'amour à une quiche.

Et pourtant, je vais retomber sur mes pieds. Attention, la suite est sur la ligne d'en dessous.

Là, nous arrivons à l'objet de tout ce propos. "Laisser reposer". Et oui, une fois que tout est prêt, Il faut respecter la principale étape. Laisser reposer la pâte. Ou la quiche sera ratée. Quoiqu'il arrive, faut laisser reposer. Même si tout le reste est parfait. Ou accepter de tout rater.

Conclusion: Les sentiments les plus fous, forts, jolis, renversants, déstabilisants, grisants, enivrants, doux, déroutants, entêtants, surprenants, sincères, évidents soient-ils au début d'une histoire d'amour, et même si votre cœur bat aussi fort que le son d'un airbus passant au dessus du village le plus proche d'Orly , il faut les laisser se calmer, redescendre de leur vertige, et respirer pour que ça puisse durer. Et durer. Et durer. Pffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff.

The end
La prochaine fois, je vous parlerai de la peine de mort que je comparerai à un artichaut.